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Vis ma vie de touriste nippon en faisant le circuit parisien du Da Vinci Code. En voiture Simone...

Dans le "Da Vinci Code" Robert Langdon se réveille au Ritz, "découvrant les murs décorés de fresques, la somptueuse décoration Renaissance et les fauteuils Louis XVI en bois doré entourant son énorme lit d'acajou à baldaquin."
En réalité Il est étonnant qu'un professeur d'université descende au Ritz, dont la chambre la plus petite coûte 650 €. Surtout lorsqu'il semble choqué du prix d'un billet de train pour Caen, quelques chapitres plus tard !
Adresse 15 Place Vendôme
75001 Paris

Dans le "Da Vinci Code" "Savait-il qu'à la demande explicite de François Mitterrand la pyramide comportait exactement 666 losanges de verre - pour le plus grand bonheur des amateurs de mystères, ce chiffre étant traditionnellement associé à Satan ?"
En réalité La Pyramide ne comporte pas 666 losanges de verre, quelque soit la manière de les compter. Le chiffre le plus souvent avancé serait 698. On parle aussi parfois de 789, en hommage à la Révolution française de 1789.
Adresse Place du Carrousel du Louvre
75001 Paris

Dans le "Da Vinci Code" Le crime initial de l'intrigue se déroule dans la grande galerie du Louvre : Jacques Saunière est trouvé mort près de La Joconde de Léonard de Vinci. "Langdon se trouvait à l'entrée de l'interminable tunnel de la Grande Galerie, dont la voûte en berceau vitrée disparaissait dans l'obscurité." "Elle mesurait en effet 500 mètres. La largeur était tout aussi impressionnante. On aurait pu y loger deux trains de voyageurs côte à côte."
En réalité La description est proche de la réalité, mais les dimensions sont un peu exagérées : elle mesurait 442 mètres de long avant d'être coupée à ses deux tiers au XIXème siècle.
Adresse Musée du Louvre 75001 Paris

Dans le "Da Vinci Code" Pour échapper à son agresseur, Jacques Saunière déclenche le système d'alarme en arrachant un tableau. "Le vieillard de 76 ans saisit à deux mains le premier tableau qui se présenta sur sa droite, un Caravage, et tira dessus. Le grand cadre se décrocha de sa cimaise."
En réalité La toile fait presque quatre mètres de hauteur : difficile à soulever pour un vieillard de 76 ans !
Adresse Musée du Louvre, Grande Galerie, 75001 Paris

Dans le "Da Vinci Code" "La Salle des Etats était l'un des rares cul-de sac du Musée du Louvre, la seule pièce qui donnait sur le centre de la Grande Galerie."
En réalité L'aile Denon était en rénovation lorsque Dan Brown a écrit le Da Vinci Code. La Joconde a été déplacée puis replacée dans la salle des Etats, qui n'est pas un cul-de-sac : deux portes donnent sur la Grande Galerie, la troisième s'ouvre sur le pavillon Denon.
Adresse Musée du Louvre, Salle des Etats, 75001 Paris

Dans le "Da Vinci Code" Le meurtrier se rend à Saint-Sulpice pour trouver la clé de voûte dissimulée dans l'église. Un monument "construit sur les ruines d'un ancien temple dédié à la déesse Isis".
En réalité L'église Saint-Sulpice n'est pas le vestige d'un temple païen de l'antiquité. La fondation de l'église remonte au XIIème siècle et la première pierre de l'édifice actuel fut posée en 1646.
Adresse 2 rue Palatine 75006 Paris

Dans le "Da Vinci Code" "Enchâssée dans le sol de granit, une fine baguette de laiton poli luisait entre les pierres grises, une ligne dorée, graduée comme une règle (... )" Dan Brown la définit comme étant la Rose Ligne, une ligne partageant la France en deux parties égales.
En réalité L'actuel curé de Saint-Sulpice a placé des panneaux explicatifs afin de rétablir la vérité : "La ligne matérialisée sur le sol de l'église et sur la pyramide où elle se prolonge fait partie du gnomon astronomique, établi ici en 1793. (…) Elle n'a jamais été appelée "Rose Ligne".
Adresse 2 rue Palatine 75006 Paris

Les lettres P et S sur les fenêtres aux deux extrémités du transept se réfèrent à Saint-Pierre et à Saint-Sulpice, les deux patrons de l'église, et non au Prieuré de Sion.
Cette fraternité affirme avoir compté parmi ses membres certains grands personnages historiques, dont Léonard de Vinci.
La réalité est autre : il s'agit d'une association loi 1901 fondée en 1956. Son fondateur, accusé de fraude, a avoué devant la justice française en 1992 avoir créé de toutes pièces cette société secrète, qui était censée le mettre sur le trône de France en tant que descendant des Mérovingiens et de Jésus-Christ.
Adresse 2 rue Palatine 75006 Paris

Dans le "Da Vinci Code" Pour faire croire à leurs poursuivants qu'ils quittent Paris, Robert Langdon et Sophie Neveu achètent deux billets de train pour Caen à la Gare Saint-Lazare : "Le hall de la gare Saint-Lazare ressemblait à celui de toutes les gares d'Europe. Une caverne ouverte aux vents".
La réalité Dan Brown leur fait prendre des billets pour Lille, ce qui est impossible : les trains pour Lille partent de la gare du Nord. Le traducteur français a corrigé cette erreur.
Adresse rue Saint Lazare 75009 Paris

Dans le "Da Vinci Code" Robert Langdon et Sophie Neveu se rendent au 24, rue de Longchamp, dans l'espoir de découvrir la clé de voûte. "C'était un bâtiment moderne, une citadelle trapue et anguleuse, dont le haut de la façade était décoré d'une unique croix grecque en tubes de néon rouge, surmontant l'inscription : Banque zurichoise de dépôt."
En réalité Pas la moindre banque à l'adresse dite.
Adresse 24 rue de Longchamp 75016 Paris

Dans le "Da Vinci Code" Robert Langdon observe "un disque de bronze d'une dizaine de centimètres de diamètre, enchâssé dans le revêtement du trottoir et gravé de deux lettre opposées : N et S." Il avait lu que "135 médaillons traçaient un axe nord-sud (…) pour matérialiser l'axe du premier méridien de Paris (…) et découvert la signification sacrée de cet ancien chemin."
En réalité Entre 1989 et 1994 l'artiste néerlandais Jan Dibbets réalisa 135 médaillons de bronze, incrustés dans les trottoirs de la ville, sur le tracé du méridien de Paris. Ils sont marqués du nom d'Arago et des lettres N et S, indiquant le nord et le sud dans l'axe du méridien, et n'ont aucune signification sacrée.
Toutes les adresses sont disponibles sur le site de l'ambassade des Pays-Bas.

Le "Da Vinci Code" A la fin du roman, Robert Langdon se précipite vers la pyramide inversée du Louvre "en traversant les buissons pour parvenir à la pelouse centrale", où, "plongeant dans la terre comme un gouffre de cristal, sous son couvercle translucide entouré de verdure, s'ouvrait la pyramide inversée dont la pointe de diamant traversait la galerie du Carrousel."
En réalité Robert Langdon est bien courageux pour braver les épais buissons de buis qui encerclent la Pyramide. Elle est bien là où l'indique Dan Brown, au coeur du rond-point du Carrousel et de bosquets, mais les simples touristes se contenteront de l'admirer de la Galerie du Carrousel, car elle est inaccessible.
AdressePlace du Carrousel du Louvre 75001 Paris
Allez... petite visite du Père Lachaise

La ville de Paris est entourée de sept collines : Montmartre, Montparnasse, Montsouris, Ménilmontant (ou Mesnil-Montant), la colline du Gros Caillou (aujourd'hui appelée colline Chaillot), la Butte-aux-Cailles et enfin Champ-l'Evêque, près de Ménilmontant, sur laquelle est situé l'actuel cimetière du Père-Lachaise.

Au Moyen-Age, vers le douzième siècle, la colline de Champ-l'Evêque, qui couvrait la presque totalité de la commune de Charonne, appartenait effectivement à l'évêque de Paris. Celui-ci y possédait un pressoir et des terres où l'on cultivait des légumes, des céréales et des vignes. Ces cultures étaient elles-mêmes écoulées directement sur les marchés de Paris. Mais plus le temps passe, plus les terres étaient laissées aux bons soins des paysans. Champ-l'Evêque devint ainsi le "Mont-aux-Vignes".

En 1430, la propriété fut rachetée par un riche commerçant en épices, Régnault de Wandonne, qui y installa une somptueuse maison de campagne. Ce domaine hérita rapidement du surnom populaire de "Folie-Régnault" (une rue du 11e arrondissement de Paris située près du cimetière en garde le souvenir).
A l'époque, une "folie" désignait une maison d'agréments, de campagne, mais ce terme couvrait également le sens de "feuillue" (petite maison de villégiature blottie sous le feuillage).

Le domaine changea successivement de propriétaires, et ce jusqu'au 11 août 1626, où il fut acquis par Marie L'Huillier, pour le compte des jésuites de la maison professe de Saint-Louis, située dans la rue Saint-Antoine. Le terrain était alors destiné à recevoir une maison devant servir de lieu de repos et de convalescence aux pères jésuites.
Le 2 juillet 1652, en pleine Fronde, le cardinal Mazarin amena Louis XIV, alors âgé de 14 ans, sur la colline des jésuites. Celui-ci assista aux violents combats qui eurent lieu dans le faubourg Saint-Antoine, opposant les troupes royales sous la conduite de Condé et les frondeurs commandés par Turenne. L'ennemie du Roi, la Grande Mademoiselle, fit tirer des coups de canon depuis la Bastille, mais ceci resta insuffisant pour remporter la victoire. Ce serait suite à cette visite de circonstance et à cette victoire que les jésuites auraient obtenu du Roi l'accord pour appeler leur domaine "Mont-Louis".
A l'emplacement de l'actuelle chapelle du cimetière, la maison de l'épicier Régnault fut reconstruite et surélevée de deux étages par les jésuites. Le Père de La Chaise y posséda un appartement lorsqu'il devint, en 1675, le confesseur du roi, jusqu'à sa mort en 1709.
Grâce aux libéralités que le roi accordait à son confesseur, Mont-Louis devint un haut lieu de pèlerinage des grands du royaume cherchant à s'attiser les faveurs du Père de La Chaise, dont l'influence sur le roi était considérable.
La propriété des jésuites s'est à la fois agrandie et embellie : des essences rares ont été plantées, les jardins ont été embellis, une orangerie a été aménagée et des pièces d'eau créées. Les fêtes que donnait le frère du père jésuite, le Comte de La Chaise, n'étaient sûrement pas étrangères aux venues des courtisans.

En 1762, la compagnie de Jésus fut obligée de céder le domaine de Mont-Louis, en raison d'une dette non payée par le Père de Jacy. Les jésuites furent expulsés et le domaine vendu par adjudication pour payer les créanciers. Le nouveau propriétaire, un certain peintre nommé Jean-Baptiste Gratin, le revendit en décembre 1771 à la famille Baron. Le dernier propriétaire, Jacques Baron, ruiné par la Révolution et l'empire, céda les 17 hectares de Mont-Louis pour 180 000 francs au préfet de la Seine, Nicolas Frochot, au nom de la Ville de Paris, le 9 ventôse an XII, en vue de sa transformation en cimetière.
Au fils des successions, les jardins avaient été progressivement laissés à l'abandon, jusqu'à leur acquisition par la Ville de Paris. C'est l'architecte Alexandre Brongniart, à qui l'on doit le Palais de la Bourse, qui fut chargé de l'aménagement des lieux en cimetière. Celui-ci mêla étroitement jardins à l'anglaise et lieu de recueillement. Les deux immeubles furent rasés, le cours d'eau qui alimentait la colline arrêté, mais les allées de tilleuls, de châtaigniers, ainsi que les vallonnements et les sentiers furent conservés tels quels.

Pressé par le temps, le préfet Frochot fit ouvrir le cimetière le 1er prairial an XII (21 mai 1804). Celui-ci comptait alors 17 hectares. L'appellation administrative officielle du cimetière, le "Cimetière de l'Est", n'a jamais réussi à s'imposer au profit de celle du "cimetière du Père-Lachaise".
Avant tout, il était destiné à recevoir les sépultures des parisiens décédés dans l'un des quatre arrondissements de la rive droite (5e, 6e, 7e et 8e d'alors), soit en fosse commune, soit en concession perpétuelle. Mais lors de son ouverture, les parisiens fortunés, "clients" potentiels du cimetière, réagirent très mal. Il était inconcevable pour eux de se faire enterrer si loin de Paris, surtout à l'est, quartier considéré comme pauvre et populaire. Le "lancement" du cimetière fut donc un échec : il comptait 13 tombes en 1804, 44 en 1805, 49 en 1806, 62 en 1807, et 833 au total en 1812, ce qui était insuffisant.
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Pour le promouvoir, il fallait faire de la réclame, de la "publicité" : les transferts des restes d'Héloïse et Abelard, de Molière, La Fontaine furent donc effectués en 1817. A partir de cette date, les chiffres s'envolèrent : en 1830, on dénombra 33 000 tombes. Entre 1824 et 1850, le cimetière fut l'objet de cinq agrandissements successifs. |

Mis à part ces quelques détails d'ordre architectural, le cimetière a aussi été le lieu de plusieurs événements, plus ou moins sanglants.
Le 30 mars 1814, après l'abdication de Napoléon, des étudiants, élèves de l'école polytechnique et de l'école vétérinaire de Maison-Alfort, établissent des lignes de défense dans le mur d'enceinte et mettent en batterie quelques pièces d'artillerie, afin de repousser l'assaut des troupes Russes. L'écart de forces entre les deux camps étant trop élevé, les Russes, chargés d'attaquer ce secteur de Paris, arrivent à déloger les étudiants au troisième assaut et installent leurs bivouacs en plein cimetière, n'hésitant pas à abattre de nombreux arbres pour s'en servir de bois de chauffage...
En 1820, la tombe du jeune Lallemand, tué par la garde royale lors d'une manifestation, devient le lieu de ralliement dominical des libéraux.
En 1871, entre le 21 et le 28 mai, le cimetière du Père-Lachaise a été témoin d'une véritable guerre civile; en effet, la colline représente un intérêt stratégique évident. Le 21 mai 1871, les versaillais de Thiers lancent l'assaut contre Paris, tenu par la Commune. Les fédérés installent leur artillerie en plein cimetière. Ces derniers sont petit-à-petit repoussés par les versaillais, plus disciplinés et surtout mieux commandés. Les chapelles servent au passage d'abri pour les soldats. Le 27 mai, les fédérés sont encerclés, car ils ne peuvent plus sortir du cimetière à cause des Allemands postés au Nord (même si ceux-ci n'interviennent pas directement). Les fédérés sont fusillés sur place. Le 28 mai, les 147 derniers survivants sont tués devant un mur que l'on a nommé avec raison "Mur des Fédérés". Avec les 694 autres fédérés morts dans le cimetière même ou aux alentours, rue de la Roquette ou place Voltaire (actuelle place Léon Blum), ce sont 1018 cadavres qui auraient été inhumés, sans la moindre distinction.