Paris sous Paris...

Merveille des sous-sols de Paris, les réservoirs de Montsouris conçus dans le cadre du programme haussmannien d'adduction d'eau, étaient, à leur inauguration en 1874, les plus vastes du monde.

Elément clé du développement de l'Est Parisien, le canal Saint-Martin constitua rapidement une entrave aux communications de surface. Il fut couvert dans le cadre des aménagements haussmanniens.

A Armentières (Aube), départ de l'aqueduc de Vanne, destiné à acheminer les eaux captées dans la région de Sens. On dit qu'elles étaient les meilleures que l'on puisse trouver dans le bassin de la Seine. La limpidité de l'eau laisse apparaître le relief du fond du bassin.

On accède à l'aqueduc de Médicis, enterré à quelques mètres sous terre, par des regards (ouvertures) en pierre de taille. A droite : le grand puits de Bicêtre, qui servit de modèle à de nombreuses réalisations. Il plonge dans la nappe phréatique à 57 mètres de profondeur.

Le réservoir de l'hôpital Saint-Louis, aux contreforts caractéristiques, recevait les eaux du réseau d'adduction des sources avoisinantes.

A gauche, cette poche de dissolution du gypse était située sous la gare du Nord. Aujourd'hui, elle a été comblée par plusieurs milliers de mètres cubes de coulis d'injection. A droite, carrière de Livry-Gargan en Seine-Saint-Denis. La sculpture de la voûte est due à une taille spéciale visant à la consolider.

L'allure fantastique des galeries des carrières parisiennes donna naissance à des légendes extravagantes. A la fin du XVIIème siècle, Philippe, duc d'Orléans, passait lui-même des nuits entières dans les carrières.

Artisan patient et alchimiste talentueux, l'eau ruisselant sur le ciel des carrières parisiennes donne naissance à de surprenantes sculptures souterraines. A droite, l'aqueduc de Médicis, qui traverse une zone de carrières. La voûte ovoïde fut une innovation de l'ingénieur Bralle sous le Ier Empire.

A partir de 1870, les sous-sols du cimetière Montparnasse devinrent une sorte d'annexe des Catacombes avec plusieurs ossuaires.

Les souterrains d'Esquirol, situés en bordure du bois de Vincennes, sont établis à 20 mètres de profondeur. La cave Delort, qui avait été confortée par des colonnes et des arches médiévales, a été noyée en 1985 pour les besoins d'une construction en surface.

Le célèbre champignon de Paris est cultivé en sous-sol. Cette champignonnière située dans une carrière de gypse en Seine-Saint-Denis, aujourd'hui abandonnée, est typique de la culture sur sacs.

Durant la révolution et pendant la semaine sanglante de la Commune, les carrières de Paris servirent de refuge. Ici : figuration d'un soldat prussien dans les galeries du XIVème arrondissement. A droite : les marchandises franchissant le mur d'octroi de Paris étaient surtaxées. Sous la rue Saint-Jacques, les "murs de fraude", à l'aplomb des murs d'octroi, interdisaient le franchissement souterrain et clandestin de l'enceinte fiscale.

Les caves du Moyen-âge ont bien résisté au passage du temps. Le cellier du collège des Bernardins, dans le Vème arrondissement, est long de 75 mètres et comporte deux rangées de seize colonnes enterrées jusqu'au chapiteau.

Les caves de l'ancienne maison de ville de l'abbaye d'Ourscamp comptent parmi les plus remarquables de Paris. Les moines y entreposaient les produits agricoles de l'abbaye qu'ils revendaient sur les marchés.

A partir du VIème siècle, les cryptes généralement situées sous le chœur des églises abritèrent des reliques. Au centre de la très vaste crypte de Saint-Sulpice subsistent les fondations de l'église primitive.

Les temples souterrains de la Nation, version républicaine et laïque des cryptes religieuses. Sous la colonne de Juillet de la Bastille, on aperçoit les soubassements de la crypte de la Bastille.

Les aménageurs des Catacombes ont conçu des décors et des mises en scène. Croix et obélisques expriment leur ferveur religieuse mais aussi leur compassion envers les victimes de la Révolution.

Le "bain de pied des carriers", un puits à eau visant à la reconnaissance de la constitution géologique du sous-sol parisien. C'est le premier forage géologique entrepris sous Paris. A droite, dans les galeries de l'ossuaire des Catacombes, la fontaine de la Samaritaine recueille l'eau de la nappe phréatique.

La réplique miniature du fort de Port-Mahon fait partie du groupe de trois sculptures d'un dénommé Décure, ancien soldat qui, pour améliorer sa solde, s'engagea dans les services de l'Inspection des Carrières.

Avant le milieu du XIXe siècle, les égouts parisiens étaient peu nombreux, inégalement raccordés, et manquaient d'entretien.

Haussmann laissa derrière lui un vaste réseau de galeries conduisant les eaux usées à la Seine, devenue un véritable foyer infectieux. La loi de 1894 fixa le principe du "tout-à-l'égout" et du "rien-à-la-seine".
Ecrire un commentaire - Voir les 6 commentaires - Recommander






